Pétrole : la CEPAG plaide à l’Assemblée nationale pour une montée en puissance des entreprises gabonaises Photo : Droits réservés/GabomaInfo
Au Palais Léon Mba, ce vendredi 24 avril, le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Mamadou Ndiaye, a reçu Charles Tchen, président de la Convention des entreprises pétrolières autochtones du Gabon. Créée en 2023, la CEPAG entend peser davantage dans le débat sur le contenu local et sur la place des opérateurs nationaux dans l’industrie pétrolière. Au cœur de l’audience, une même ligne de fond : mieux positionner les entreprises gabonaises sur les marchés du secteur et faire du pétrole un moteur plus inclusif de la croissance nationale.
La rencontre a mis en lumière les ambitions d’une organisation encore récente, mais qui cherche déjà à se faire une place dans l’architecture économique du pays. Face au président de l’Assemblée nationale, Charles Tchen a défendu la nécessité d’un repositionnement plus affirmé des entreprises gabonaises dans une filière longtemps dominée par de grands opérateurs. « Notre objectif est clair : permettre aux entreprises gabonaises de prendre toute leur place dans l’industrie pétrolière. Cela passe non seulement par un meilleur accès aux marchés, mais aussi par un accompagnement adapté » , a-t-il déclaré.
À travers cette prise de parole, la CEPAG veut apparaître comme un intermédiaire structurant entre les opérateurs nationaux et les pouvoirs publics. Son discours repose sur une idée simple : l’ouverture du secteur aux entreprises locales ne peut produire d’effets durables sans mécanismes d’appui solides. L’organisation plaide donc pour une logique de montée en compétence, afin que les sociétés gabonaises ne soient pas seulement présentes dans le secteur, mais capables d’y répondre aux standards techniques, administratifs et financiers.
Formation, gouvernance et accès aux marchés
Dans cette perspective, la CEPAG affirme avoir engagé plusieurs actions en faveur de ses membres. Charles Tchen a évoqué des programmes de formation technique, de renforcement en gouvernance et de préparation aux appels d’offres. « Il ne suffit pas d’ouvrir les portes, encore faut-il que nos entreprises soient prêtes à répondre aux exigences du secteur » , a-t-il insisté. Le message vise à montrer que la revendication du contenu local ne se réduit pas à une demande de quotas, mais s’accompagne d’un travail sur la compétitivité des acteurs nationaux.
Ce positionnement est central dans le plaidoyer porté par la structure. En mettant l’accent sur la professionnalisation de ses membres, la CEPAG cherche à démontrer que les entreprises gabonaises peuvent prétendre à une place plus importante dans la chaîne de valeur pétrolière. L’enjeu n’est pas uniquement symbolique. Il s’agit, pour l’organisation, de créer les conditions d’une participation nationale plus forte à un secteur stratégique pour les finances publiques et l’économie du pays.
Un plaidoyer pour faire évoluer le cadre réglementaire
Au-delà du renforcement des capacités, la CEPAG mène également un travail de plaidoyer auprès des autorités. L’organisation milite pour une meilleure application du contenu local, mais aussi pour un accès plus fluide aux permis d’exploitation en faveur des opérateurs nationaux. Cette orientation montre que les entreprises pétrolières autochtones ne veulent plus seulement être sous-traitantes ou prestataires périphériques. Elles cherchent désormais à peser davantage sur l’exploitation elle-même et sur la structuration du marché.
Cette revendication s’inscrit dans un débat plus large sur la souveraineté économique. En demandant une adaptation du cadre réglementaire, la CEPAG met sur la table la question de l’équilibre entre attractivité du secteur pour les investisseurs et consolidation d’un tissu entrepreneurial national. Pour ses responsables, l’un ne devrait pas exclure l’autre. Au contraire, le développement du contenu local est présenté comme un levier pour mieux ancrer les retombées du pétrole dans l’économie gabonaise.
L’Assemblée nationale attentive à la démarche
Face à cette ambition, Michel Régis Onanga M. Ndiaye a affiché une écoute favorable. Le président de l’Assemblée nationale a salué une démarche qu’il juge en phase avec les priorités économiques du pays. « Le développement d’un tissu entrepreneurial national solide est essentiel pour renforcer notre souveraineté économique. L’Assemblée nationale reste attentive aux différentes propositions pour atteindre cet objectif » , a-t-il souligné. Cette réaction donne un signal politique à une organisation qui cherche précisément à faire entendre ses propositions dans les circuits institutionnels.
L’audience marque ainsi une étape supplémentaire dans le rapprochement entre acteurs publics et privés autour des enjeux du secteur pétrolier. Pour la CEPAG, cette séquence permet de légitimer sa parole dans le débat sur le contenu local. Pour l’Assemblée nationale, elle offre l’occasion de montrer son intérêt pour les mécanismes susceptibles de renforcer la participation gabonaise dans l’une des principales industries du pays. En toile de fond, un objectif partagé se dessine : faire du pétrole non plus seulement une rente, mais un levier plus direct de croissance inclusive et de souveraineté économique.
